Une bouteille de bon vin, quelques notes de piano, un ami, voilà qui me suffit à me dévoiler, m’épancher, assouvir mes envies littéraires et fécondes, déposer sur l’autel de ton corps à nu mes doutes et mes prières. Voici donc libérés à tes yeux les textes griffonnés à la hâte lors que Tidus assis au piano laissait ses doigts voler dessus ce clavier contrasté que mes mains jadis eurent la chance d’effleurer.

Les notes de musiques telles de petits marteaux roulent gracilement au creux de mon oreille grande ouverte ; elle absorbe cette douce mélopée, ce sirop de miel rare offert à une gorge aride en attente du suc substantiel qui saura la ranimer. Je vais, je viens, je vibre, à chaque son, à chaque coup qui résonne au fond de mon âme et remue en mon être une myriade de souvenirs oubliés, perdus, ensevelis au plus profond de ses méandres profonds.

Douce et entraînante, cette délicieuse mélodie emplit la pièce de ses échos sublimes, Chopin mon amour qu’as-tu donc été écrire de telles choses, elles m’enveloppent, m’étouffent, me font suffoquer sous leurs assauts redoublés. Mon être est un vallon au fond duquel fourmillent par milliers toutes les sensations que ta musique a su éveiller, sorties de la torpeur moite au creux de laquelle elles s’étaient assoupies.

Arrêtez cette musique, cessez ce petit jeu, cette chasse, je tremble, mon esprit est confus, il ne tiendra pas longtemps sous les coups des marteaux du piano. Déjà s’enfuit le masque sous lequel je vis, déjà je ne contrôle plus mon être mis à nu, mes pensées dévoilées s’échappent de mon âme, la voilà désormais offerte à ton oeuvre ! Désarmé, innocent, je succombe à ta loi…

Ce ne sont que des jets, de vagues phrases écrites sous l’impulsion des sens… juste des moments de vie méritant la souvenance !