La lecture d’un commentaire d’un proche, un être délicieux, m’a fait prendre conscience de l’abondance démesurée des démonstratifs dans certains de mes billets (tous ? êtes-vous sûr ?). Voici donc, en attente de vos commentaires critiques, le précédent de mes écrits revu et corrigé afin de réduire au strict minimum ces « ce, ces, cela, celle-ci»  !

Rature

Une langue de froid s’abat sur le lieu mort, monde où s’agitent encore quelques gens engoncés dans des tenues grotesques, les voici préparés à affronter l’hiver ! Au sol sont givrées les dalles colorées qui tapissent un lieu que j’arpente matin, un mince voile blanchi a recouvert le sol que mes pas vont fouler. Mon esprit embrumé flotte à côté de moi, ravi d’être bercé par une chaleur sourde que retiennent tendrement ces couches innombrables. Au loin luit le bel astre, il ne perce qu’à peine le voile de la nuit et répand sa splendeur sans agresser mes yeux. Le ciel s’est embrasé de lueurs rosées, bleutées et puis si froides, des couleur de calme, de paix, de volupté, les premières lumières d’un hiver qui arrive.

Loin du monde tangible, le frimas a ici étendu son emprise, son empire est déjà bien assis en ces lieux, nous voilà çà et là spectateurs de son crime. Certains ont succombé à son souffle glacé et se sont endormis, attendant qu’un rayon, une chaleur nouvelle ne ravive leurs sens et distille en leur être un besoin de revivre, de déployer enfin des pétales enfouis et offrir à nouveau aux yeux de leurs amis des couleurs chatoyantes, le spectacle bigarré qui provoquait la joie au fond de nos cœurs tristes.

Dormez bien mes amis, d’aucuns résisteront au sommeil profond que cet être sournois, ce brouillard givré susurre à nos oreilles, instille en nos veines.