Les notes de musiques échappées de ces flûtes, ces tuyaux ouvragés, tours d’étain et de plomb au souffle d’un engin semblable au divin, emplissent de leur lourdes sonorités puissantes l’espace grandiose du monument fervent et réverbèrent au loin leurs échos sur ces murs de calcaire, d’ardoise, d’alliages et de verre.
Alors que la douce brise sublime répand sa chaude musique et insuffle la vie qui a quitté ces lieux en mon cœur délabré, c’est Dieu qui m’emporte en son royaume, une joie mêlée de tristesse, une de ces sensations ineffables que seul le créateur a su donner à nos êtres, empoigne toute mon âme, la force à s’élever légère vers les cimes altières d’un monde qu’Il a voulu infini, immense et insensé.
Je vibre, je frisonne, résonne, mon corps tremble tout entier sous le choc, uni à cette œuvre sublime, mélopée du superbe qui me porte, éthéré, vers les nues accueillantes au reflets azurés, aux touches mordorées. Dans cet ouvrage de pierre offert au créateur pour louer sa grandeur indicible, invisible, Bach, ô ami du superbe et frère du sublime, tu me fais à mon tour mourir sous les coups de cet inexpugnable souffle à la voix caverneuse.
Ne cesse je t’en supplie, continue de combler mes songes de ton ombre, d’offrir à mes oreilles, à ma bouche, à mon être tout entier offerts à ton nom, cette vibration divine, sublime, et donne à la musique ce pouvoir suprême d’envahir mes entrailles de me faire ressentir pleinement les ondes de tes doigts.
Me voilà t’écoutant dans ce monde de foi, cet antre du parfait, du sacré, du céleste, et c’est ton son, ta voix, ton monde tout entier qui s’ouvre devant moi, les pierres ne sont plus ma chair n’est plus là, tout n’est plus que formes indistinctes, couleurs et chaleurs. Les paupières fermées je me laisse emporté vers ces rivages de beauté, ces mondes fastueux dans lesquels ces portails calcaires nous envoient aussitôt commencé le génial récital.
par Lionel
21 nov 2007 à 11:46
Ce poème me touche particulièrement. Merci à toi.
Bravo à toi.
par The 6L20
21 nov 2007 à 13:28
les orgues et grandes orgues, mon corps entier se met aussi a vibré a la vibration de ces immenses tubes, je frisonne de partout, et l’impression de ne faire plus qu’un avec la mélopée qui s’en échappe.
Et plus ca vibre, plus c’est fort, plus ca empli la nef et plus je suis en osmose…