Amusement d’adulte entre deux consentants, jeu pratiqué en duo, danse sans règle ni loi : un retour, un aller, deux rondes dans un sens, trois passages dans l’autre, on inverse le jeu…
Frôlement de deux antres, léger souffle échangé, les lanternes se croisent et le repère des sens s’entrouvre peu à peu. Le contact est heureux, rapide et vite fini, ce n’est qu’un préambule, début d’une succession de longs échanges sans fin.
On jauge finalement le meilleur angle d’attaque, les nez s’effleurent à peine, tendre glissement de deux corps qui finit sur les lèvres. Derrière l’arche vermeille se cache un propylée d’ivoire blanche et d’émail au bout duquel la bête au velours vermillon a trouvé un refuge que le déferlement d’une extrémité moite s’en va aller violer. Contact velouté entre les mondes tièdes, le vestibule s’effondre et offre plein et entier le champ de ses possibles, impétueuse danse soufrée que seul le manque de souffle séparera enfin. Les lourdes portes rouges se referment enfin, la passion toujours là, inavouée, enfermée.
Respiration haletante, tout dans l’être est tension et n’attend rien de plus que le moment propice pour sauter sur sa proie, dévorer sauvagement les plaines et les vallées qui siègent, mouvantes et sombres, au bout de cette allée où les papilles ne sont que le fin revêtement d’un appendice ardent qui offre aux aimés une infinité folle de plaisirs variés.
Lassitude temporaire de la valse diabolique qui ébouillante les corps, tendresse d’une succion, le doux goût de l’aimé, brève lampée de son corps, échanges à peine brouillés de quelques hésitations. La brûlure est partout et inonde la chair. Les soufres de l’enfer remontent dans le sang et font de tout notre être un animal avide, que rien ne sustente plus.
La folie des baisers a volé la raison, le contact soyeux de sa bouche sur la peau a endormi l’esprit et réveillé l’eros. Panache de flammes vives, notre corps consumé livre à travers ses voiles les feux qui brûlent sans cesse au fond de nos replis. Le repaire de la bête a vu ses chaînes brisées, plus rien ne l’entravera tant qu’il n’aura pas dévoré sa flamme le corps du désiré.
Tout commence par un regard, une ombre, une étincelle, quelque chaleur au fond de pupilles dilatées et puis c’est l’embrasement, la brutale invasion des monts qu’on souhaite cacher et n’offre qu’à ceux-là qui ont trouvé la clé de ces lieux merveilleux…
D’aucuns le souhaitent brutal, violent presque forcé, je jette mon dévolu sur le baiser volé, celui qui nous étreint au réveil le matin lorsque l’être adoré quitte la douce torpeur qui le tenait au lit, lové tout contre soi, au creux des draps de soie.
par The 6L20
08 jan 2008 à 16:37
j’en ai le vertige, et le ventre qui se contorsionne.
par toli
08 jan 2008 à 18:52
Je dépose un petit commentaire puisque je ne peux déposer de baiser volé
Elle m’enflamme et je l’embrase,
Et je vais l’appelant, le coeur gonflé d’extase.
Ô nuages, elle est ce que j’aime le mieux.
Comme elle est belle avec son rire d’épousée,
L’oeil plein d’un ciel mystérieux,
Et les pieds nus dans la rosée !
> Victor Hugo, La Fin de Satan.
par prout
18 juin 2008 à 01:03
le flot de mes pensées qui s’échouent sur la falaise de mon incompréhension me fait ressentir la puissance de la question sinusoïdale de l’anachorète hypocondriaque