Shower TimeInnombrables, elles s’agitent, elles tonnent et puis s’échappent…

Les furies aquatiques libèrent leur violence. Le fin tuyau d’acier qui les emprisonnait ne peut plus les contenir. Et c’est sans même lutter qu’il laisse se déverser ces folles ébouillantées de son extrémité, éprouver sur mon être leur fureur déchaînée. Chevelures de vapeur, elles bondissent sur ma peau, enveloppent mon corps et emportent au loin les souillures de la veille.

La douce ondée bouillante s’écrase sur mon dos en un torrent violent qui se scinde et rigole sur mes reins, sur mes cuisses. L’ardent drapé liquide m’entoure et se referme sur la moindre parcelle de chair dénudée. Chaudes gouttes de rosée, elles se parent au contact d’un parfum délicat de fleurs et de fruits frais et encensent le corps qui danse sous la pluie.

Un brouillard chaud et dense est né de nos ébats et emplit avec hâte l’atmosphère de la pièce. La lumière au plafond diffuse avec peine sa chétive lueur à travers le rideau de gouttelettes brûlantes. Le cône de lumière fuse à travers la pièce et guide de son ombre l’œil qui s’agite au loin.

Sourire d’une glace à une vague silhouette qui tente de s’y voir, je sors de la douche. Une brise glacée s’est frayée un chemin par la fine embrasure d’une porte mal sertie. Elle glisse sur la peau et révèle soudain de petits monts nacrés entourée de jardins. Les vagues se propagent affichant çà et là ces folles oasis sur la rose satinée que j’essuie désormais.