Aigle au cri perçantUne soirée en enfer, je me meurs peu à peu au fond de ma tanière. Rien n’opère plus ici, tout s’effondre, s’éboule, un effritement malsain qui me ronge et m’entraîne…

Mi humaines, mi rapaces, elles se ruent sur mon âme, avides êtres cupides, et lacèrent mon jeune cœur encore rougeoyant. Orphée n’y pourra rien, le mal est déjà là, tapis dedans la chair. Le souffle de son corps n’est plus qu’une flamme frêle qui réchauffe avec peine les lambeaux de ma vie.

Implacables furies, elles fondent et attaquent les bords de mon être. Elles y gravent des tranchées de leur serres effilées puis s’envolent dans les cieux et me laissent à terre, gisant seul, hébété. L’espace s’assourdit, je m’exile et me terre. Pour vivre, je dois guérir, résorber mes blessures, colmater mes fissures.

Remords des temps passés, regret de n’avoir pas été celui qu’il espérait au moment désiré. La vie n’est que fadeur depuis ce drame commun. Des sentiments froissés, une peine encore vive, tant de choses qui m’attristent et redonnent au passé de belles couleurs pastel. Les questions ressurgissent, les amis sont partis, l’immensité est vide et je suis en son centre. Entendez mon appel, répondez à mon cri car en ce soir d’hiver la vie quitte mes veines…