Brume matinaleL’aube se profile à peine et écorche de ses rais les doux yeux repliés du promeneur égaré.

Le regard entaché d’un sommeil refusé, la lèvre est asséchée par la chaleur du lit. Ses pensées grouillent encore, encombrées par les affres éthyliques d’une veille arrosée. Une voix rauque s’élève dans l’air confiné, les paupières se soulèvent. Maladroit, il agite son corps malhabile et tente, encore groggy, d’accéder à la douche. Les perles de pluie l’inondent et bercent son réveil.

Les lieux sont endormis, la brume recouvre tout. Du silence assourdi par les fines gouttelettes percent de-ci de-là des pépiements lointains. La forêt alentour emprisonne l’espace dans lequel déambule le flâneur matinal. L’écrin blanc et diffus ouvre enfin son long voile et laisse apparaître, comme surgis du néant un chemin et des arbres.

Une ombre se profile derrière le rideau, presque rien, mais l’esprit reconnaît dans ces traits éloignés le visage d’un ami. Le seuil de ces lieux est franchi finalement, devant eux se déroule un escalier sans fin alors que se referme le lourd manteau de bruine qui entoure ce monde. Le plateau est quitté, la descente commence, au bas des innombrables se cache le monde des hommes où le silence se trouble…