Prison de verre aux verrou de liègeDébut de vingt-et-unième siècle dans un bar de paris…

Une chopine à la main, nous nous enfonçons dans les sombres couloirs qui mènent aux Enfers. Cerbère nous y attend derrière quelques banquettes. Il joue un air sinistre sur son instrument sec comme pour nous accueillir dans son théâtre d’ombres. Les flocons de musique voltigent autour de nous alors que la belle blonde descend silencieusement au creux de nos gosiers.

La porte est refermée, nous voilà enfermés, prisonniers de ces terres où Hadès est seul maître. Son frère des délices l’a rejoint tacitement. Vieux compagnon de nuit, il nous offre l’ivresse, le vin et la gaieté.

Le temps perd son emprise et nous filons tous deux à travers l’éther. Un siècle vient à passer, un second le poursuit, le bar cède la place à une antique taverne. Baudelaire renaît, il déclame devant nous son amour du vin et sa détestation des plaisirs faciles acquis par les oisifs à travers des drogues qui mollissent l’esprit.

« Le vin rend bon et sociable. Le haschisch est isolant. L’un est laborieux pour ainsi dire, l’autre essentiellement paresseux. « 

Nous voilà projetés au fond d’un gouffre immense, celui de ses passions et de sa gourmandise. Le pêché et le vice s’immiscent dans ses folies qu’il dépeint à nos sens mais les vains moralistes n’ont plus de prise ici, il les a répudiés hors de sa pensée. La drogue prend le pas sur le bel ancestral qui coule dans nos veines pour mieux le sublimer. Démontrer par là même qu’il est un juste ami et rouler dans la fange le vil poison verdâtre qui réduit au silence le plus beau des organes : notre propre volonté.

Pour Olivier.

Le texte originel…