Début de vingt-et-unième siècle dans un bar de paris…
Une chopine à la main, nous nous enfonçons dans les sombres couloirs qui mènent aux Enfers. Cerbère nous y attend derrière quelques banquettes. Il joue un air sinistre sur son instrument sec comme pour nous accueillir dans son théâtre d’ombres. Les flocons de musique voltigent autour de nous alors que la belle blonde descend silencieusement au creux de nos gosiers.
La porte est refermée, nous voilà enfermés, prisonniers de ces terres où Hadès est seul maître. Son frère des délices l’a rejoint tacitement. Vieux compagnon de nuit, il nous offre l’ivresse, le vin et la gaieté.
Le temps perd son emprise et nous filons tous deux à travers l’éther. Un siècle vient à passer, un second le poursuit, le bar cède la place à une antique taverne. Baudelaire renaît, il déclame devant nous son amour du vin et sa détestation des plaisirs faciles acquis par les oisifs à travers des drogues qui mollissent l’esprit.
« Le vin rend bon et sociable. Le haschisch est isolant. L’un est laborieux pour ainsi dire, l’autre essentiellement paresseux. «
Nous voilà projetés au fond d’un gouffre immense, celui de ses passions et de sa gourmandise. Le pêché et le vice s’immiscent dans ses folies qu’il dépeint à nos sens mais les vains moralistes n’ont plus de prise ici, il les a répudiés hors de sa pensée. La drogue prend le pas sur le bel ancestral qui coule dans nos veines pour mieux le sublimer. Démontrer par là même qu’il est un juste ami et rouler dans la fange le vil poison verdâtre qui réduit au silence le plus beau des organes : notre propre volonté.
Pour Olivier.
par Jeremy
03 mar 2008 à 12:01
Je ne savais pas que le vin te faisait cet effet là…
par toubib75
03 mar 2008 à 15:04
J’ai hâte de vous offrir un verre…
par toli
04 mar 2008 à 00:15
merci
par incipio
05 mar 2008 à 11:08
@toli de rien, merci à toi de cette idée de soirée qu’il faudra répéter à l’envi !
@toubib75 à voir très bientôt
@Jeremy moi non plus
à toi de m’en offrir fin mars pour avérer ou infirmer ces thèses…
Pingback
par { Absolutely Awesome } » Les Paradis artificiels, Charles Baudelaire. Au Chat Noir, Paris
06 mar 2008 à 00:55
[...] C’était dimanche dernier, fin d’après-midi, avec François. [...]
par Alex
14 août 2008 à 16:17
Your blog is interesting!
Keep up the good work!