Le Voyageur contemplant une mer de nuages Promeneur égaré en ce jour de tempête, il erre sur la grève…

Sa veste est entrouverte, offerte aux quatre vents, elle s’agite dans l’air, s’envole et retombe. Sa face est découverte, l’ondée lui lèche les lèvres, frontière entre deux mondes, il avance en cadence marquant de ses souliers le passage du temps…

A sa droite mugit le vaste océan noir, la mer se déchaîne et relâche ses furies. Le vent est violent en ce mois de septembre, le fond de l’air est frais mais il n’en a que faire, il avance toujours…

Furibonde, l’onde légère s’engouffre dans les cheveux mi-longs que la noisette embaume de son parfum boisé. Il s’arrête, enfin… Son dos s’ouvre aux terres, il fait face à la mer.

Le lourd drap azuré se déchire devant lui, il gémit dans la pluie et écume sur la roche. Une vague se détache, elle se creuse et puis fond, implacable ennemie, sur le visage d’ange qui regarde au loin.

L’homme reste là à attendre, imperturbablement, comme s’il n’était pas, comme s’il était ailleurs, dans un monde étranger où seuls quelques rares sont allés sans la drogue. L’embrun brûle la peau que la bise rafraîchit, les contrastes s’exaltent dans ce monde chaotique où le seul poète a pu parler au monde.

 Pour Charles.