Ombre sur le voileLa suisse c’est aussi ça…

C’était un jour d’hiver, nous étions là tous deux, assis parmi les brumes. L’étouffante nuée chaude recouvrait de son voile nos deux corps presque nus. Suant de toute part, j’espérais un instant que tu t’approches de moi et chuchotes à mon cou des rêveries insensées. Tu étais à deux pas, presque au bout de mes doigts, j’aurais pu te saisir, rapprocher nos deux cœurs et souffler un air frais autour de cette pièce dans laquelle la vision n’était plus que néant.

Tu choisis de te taire… Les folies passagère qui avaient su germer au fond de mon esprit s’effacèrent tout à coup, laissant dedans mon âme, au fond de leurs sillons, les germes de l’alcool. Une mélancolie que remplit aussitôt l’épaisse humidité de ce lieu d’autrefois. Les mots vinrent d’abord seuls, en lentes processions, puis affluèrent plus nombreux. S’enroulant comme toujours autour de mon émoi, ces serpents chatoyants étouffèrent mon cœur et lui volèrent ses pleurs :

« Accorde moi le répis apporte moi l’oubli. Que le glas de mes nuits résonne au fond du puit duquel les étoiles se réverbèrent sans fin en une longue spirale. Archange messager d’un divin qui m’oublie et n’est plus rien pour moi… Son coeur git au dessus s’accroche à ces lumières il pleure son tourment, lamente son désespoir.»