La suisse c’est aussi ça…
C’était un jour d’hiver, nous étions là tous deux, assis parmi les brumes. L’étouffante nuée chaude recouvrait de son voile nos deux corps presque nus. Suant de toute part, j’espérais un instant que tu t’approches de moi et chuchotes à mon cou des rêveries insensées. Tu étais à deux pas, presque au bout de mes doigts, j’aurais pu te saisir, rapprocher nos deux cœurs et souffler un air frais autour de cette pièce dans laquelle la vision n’était plus que néant.
Tu choisis de te taire… Les folies passagère qui avaient su germer au fond de mon esprit s’effacèrent tout à coup, laissant dedans mon âme, au fond de leurs sillons, les germes de l’alcool. Une mélancolie que remplit aussitôt l’épaisse humidité de ce lieu d’autrefois. Les mots vinrent d’abord seuls, en lentes processions, puis affluèrent plus nombreux. S’enroulant comme toujours autour de mon émoi, ces serpents chatoyants étouffèrent mon cœur et lui volèrent ses pleurs :
« Accorde moi le répis apporte moi l’oubli. Que le glas de mes nuits résonne au fond du puit duquel les étoiles se réverbèrent sans fin en une longue spirale. Archange messager d’un divin qui m’oublie et n’est plus rien pour moi… Son coeur git au dessus s’accroche à ces lumières il pleure son tourment, lamente son désespoir.»
par Thanos
12 mar 2008 à 19:07
Comme quoi certains mots ont plus de sens que d’autres… et font sens avant même que l’on s’en rende compte..
par Arnaud
13 mar 2008 à 07:39
c’est une image hein tu n’as jamais mis les pieds dans un endroit glauque et humide réservé au garçon heinnnnn ?????
par incipio
13 mar 2008 à 07:59
@Thanos : Les mots dépassent par moments les pensées les plus folles, là est leur propre génie mais là réside aussi leur formidable danger !
@Arnaud : Jamais je n’ai mis les pieds dans de sordides bouges, sois sans crainte, pour autant j’ai déjà mis les pieds dans un hammam, en présence d’un être. Mais rien n’y était glauque, tout juste humide…
par toubib75
13 mar 2008 à 07:59
Pas de répit pour le poète… Et le fond du puits a bien du mal à refléter les étoiles… quand au cœur qui gît au dessus: quel funambule!
par incipio
13 mar 2008 à 10:40
@toubib75 : Dans ce monde de chimères, la gravité est vaincu et les cieux inversés, le gouffre n’a pas de fond, l’univers est un point !