Vinum vitam est
Jeudi, avril 10th, 2008
Vert vigne Qu’il est dur d’écrire sur de tels délices… les mots sont absorbés, les phrases se tarissent et les pensées se noient sitôt que ces deux frères se révèlent à nos sens.
Une lune de miel s’étale dans mon verre, les parois de cristal en reflètent l’ambroisie. Doux nectar velouté issu de l’or des vignes tu t’offres à mon regard avant d’entrer prospère dans le palais des rêves. Ta chevelure blonde emporte au loin les sens, les emmène en errance vers les bords de ces monts où ton fruit a germé, où la feuille de ta plante s’est gorgé de soleil. A présent distillée, elle nous le restitue désormais concentré.
Ton frère est violacé et tout comme ta beauté, il manque d’égalité. On le trouvera puissant, boisé ou bien fruité, tout semble si singulier quand il s’agit de lui. Pire de tous les dieux, ses noms sont innombrables, ses grâces convoitées et même les faveurs de ses quelques vertus sont autant de trésors que les hommes s’arrachent. Son velours profond est l’ultime refuge des cœurs délaissés, pauvres âmes esseulées que le mal à frappé violemment de son joug. Elles y trouvent la paix, le calme, la beauté et de quoi espérer un avenir prospère.
Alors qu’arrive l’esthète, vous vous travestissez et revêtez la robe, tout en vous est femelle, de la croupe au bouquet. Malgré les folles ampoules qu’il allume en parlant, de son verbiage sans grâce ne reste qu’un plaisir, celui de vous goûter, de laisser votre essence entrer dedans mon être, réveiller tous mes sens pour mieux les endormir à la seconde gorgée.