Blanche poudrerie

La poussière monte au nez et efface sous ses traces la franchise des lieux.

Sous les doigts elle crisse, elle s’effrite et s’effondre, comme si apeurée par les monts vermillons puis retombe dans le seau, égale et immobile.

L’eau limpide se mêle à la craie et lui donne une teinte d’un gris sale jauni. Cette boue colle aux membres, s’attache aux vêtements et se pose adroitement là où elle doit s’étendre et combler les distances. Elle épouse les formes et se fixe aux doigts, durcissant au passage, emprisonnant les jambes et drainant toute force.

La maison est emplie des restes de la furie : les meubles sont recouverts, les parquets ont blanchis sous l’offensive ennemie. Des journées à ranger, des mois à nettoyer, jamais je ne verrai le fin mot des travaux que j’avais entrepris à l’éveil d’un samedi.

One Response to “Blanche poudrerie”

  1. Querelle Says:

    C’est une jolie métaphore !

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