Repos d’éternité
Guillotine Une histoire d’idées noires instillée malgré moi au fin fond de mon âme.
Le voilà donc lancé, ce lourd pas cadencé qui ouvre devant moi les deux vieilles grinçantes, portes d’airain grisonnantes du cimetière qui m’entoure.
Tout commence par le Graal, cher liquide vital qu’il m’a fallu donner pour me sentir vivant, conscient et repentant. Une boucle de temps s’est enfuie en ce soir. Alors j’étais assis dans le couloir albâtre, le carton dans les mains, le visage enfoui. Listz pour compagnie, le Doute qui l’assistait. Un vil numéro avait remplacé l’homme et les idées sombraient vers de profondes noirceurs que l’esprit seul sait voir lorsqu’il se sent damné.
Filament de métal, le mince tube s’est frayé un chemin, il a rompu les pages, traversé les dunes blanches, transperçant au passage la barrière qui me fait. Insatiable insecte, il a pompé mon sang, rougissant par deux fois et laissant en mon âme une plaie lancinante. C’est la tête légère que la douleur m’a pris, folle pensée alcoolique flottant entre les eaux. Mais le cœur était lourd et les images morbides ; le temps avait filé, la chaleur me quittait et la joie s’enfuyait. Noir présage que voilà que ces adieux funestes.
Nul moment de bonheur, tout juste un point d’honneur à souffrir en silence et attendre dans l’absence la venue du couperet.