Lust

Les amours sont dures, les ruptures encore pires, ravivées par les flammes, elles nous brûlent et nous violent.

Sinistres et violentes, les pulsions prennent au ventre, juste le temps d’un instant et s’effacent dans le vent ravivant au passage toutes ces plaies écarlates. Les blessures qui se ferment et se rouvrent en fracas, assourdissante vague qui tourmente et puis noie.

Affranchi de la terre, il s’avançait serein. A peine quelques heures qu’il possédait ses ailes, tout juste quelques instants que la brise légère effleurait de ses mains les deux joues de l’angelot. Déjà il s’approchait, sentant sur sa peau la caresse des langues du vieux feu immortel. Il se sentait renaître, l’animal s’exposait et volait au psyche la maitrise du corps.

La chaleur sur son être s’en allait grandissante, cajolant et léchant, embrassant de sa braise les plumes de l’être triste. Engourdi dans un songe, il n’était plus son maître et contemplait dans l’ombre sa terrible ascension se poursuivre malgré lui. Insensible aux brulures, l’être ailé dérivait, avançant toujours plus vers la source du brasier. Inconscient du danger, interdit d’y penser, il allait, provoquant et soudain mit la main !

Obscurité béante, ténèbres digne des fosses, tout se tue alentour laissant l’ange brisé isolé dans le froid. La brulure lancinante lui poignardait la main. Il avait tout osé, allant jusqu’à la fin, allant jusqu’à toucher, frôler et même étreindre.

De ses ailes brulées, il n’osait plus voler alors que dans sa tête la tempête grondait. Souvenirs d’un aimé, corruptions et regrets…