Cinquante années qu’elles règnent,
disposées dans l’arène,
immenses soeurs de Babel
qui s’élancent vers le ciel.

Elles trônent, vieilles éminences,
magistrales culminences,
cathédrales de verre
enchassées dans le fer.

Mais ce jour aucune cime,
nul pic ne se dessine
car un ciel cotonneux
s’est posé sur ces dieux.

L’ouate diffuse de ces nues
étouffe le bruit des rues.
Et je navigue heureux,
perdu au milieu d’eux,

M’avance lentement
dans ce lieu de néant,
et disparais dans l’ombre
de ces nuages sombres.