Voilà quatre mil ans qu’il tombait dans l’abîme,
les lueurs s’étaient tues dans sa chute infinie.
Un roc heurta sa main, arrêtant son exil.
Un murmure, une caresse sur son front lourd, docile
et de la nuit sans ombre reculèrent les ténèbres.

Un soleil était né, déchirant le ciel noir,
Rayonnant, infini, et brûlant d’un vieux feu.
Il approchait serein et dans l’ombre de sa gloire,
L’être hideux, rejeté aperçu un ami, la réponse à ses vœux.

L’archange aux ailes blanches s’approcha du démon,
ploya l’immaculé perdue par le damné,
et d’un simple baiser déposé sur son front,
retira dans son geste les blessures inavouées.

De son faîte, il jeta un long regard troublé
sur les terres alentour, les vestiges du passé.
Des deux yeux dilatés en son front enchâssés
il embrassa l’avenir, son présent, son passé.

Alors des gouffres amers où son âme se jeta,
les ténèbres branlèrent, le tonnerre résonna.
Son sang brûlant, bouillant se figea, il gela,
et plongeant vers les cimes la lumière l’appela.

Car aujourd’hui je sais, mon âme me fut rendue, et le damné sans nom qui gisait dans l’abîme disparut de ma vue. Car je suis cet amour, que la folle romantique a bercé de ses bras ; ce bel être assoupi dans une mer de baisers que la beauté attire et révulse à la fois. Je suis cette ouate tendre qui réchauffe les cœurs et perce les barrières d’un regard apposé.

Souris bien mon bel ange car ce jour je me venge, m’extirpe de la fange où je m’étais lové, abandonne l’engeance de la perte de mes ailes.

La plume seul débris qui resta des deux ailes de l’archange englouti dans les nuits éternelles.

La plume pris son envol et rejoignit le ciel. Elle frôla Sa joue et murmura « Amour, je ne suis pas si sourd ! Tes malheurs, tes rancœurs, tes haines et tes peines, je les entends mugir, pleurer et étourdir les sens qui t’entraînent… Amour, ouvre ta main et laisse moi m’y poser, à partir de ce jour je ne te quitterai pas !» 

Quelques phrases d’Hugo, mon maître, mon dieu, mon âme…