
Encore fraîche sur la plume, l’encre noire se dérobe, se détache de la pointe. Le buvard la reçoit, une tâche puis deux, quelques gouttes écrasées sur un vélin froissé, quelques flaques de pourpre entre acier et papier. Le plumier est posé, l’encrier rebouché, le silence se fait au cœur du tumulte qui rugit dans l’esprit. Le poète se tait, garde ses maux secrets, s’éloigne du feuillet, se lève et se retourne…
Tant de belles choses à dire, à poser, à écrire, à manier par le verbe entre ses dix agiles. Tant de maux, de vains mots, de beautés à livrer, partager et offrir. Cette place n’est plus apte, son format est hideux, sa fadeur telle douleur que les idées tressées en ressentent malaise.
La vie a bien changée, quelques graines de temps sont passées dans le vent, petit couple de jours, tellement et si peu. Ce pays va changer, encore mais pas tant, réceptacle vivant d’une prose fragile, dessinée dans le vent.
De la ronde à la noire, de la blanche à la croche, de la pause au soupir, le silence s’impose…
par le patron
27 jan 2009 à 04:21
…et la conclusion est joliment troussée.
par caddaric
27 jan 2009 à 08:09
@le patron : N’est ce pas ?
Ce Incipio, quel talent ^^