Un visage dans la foule, un battement qui s’emballe, l’ange est là à dix mètres, il approche, on en tremble…

On abandonne Nietzsche, son oeuvre, ses supplices, le remise à la poche, s’avance vers le fantôme, le saisit par l’épaule, l’embrasse… sur la joue. Tout en nous tremble, s’ébranle, rien n’est là tout est fourbe.

Il nous parle, on acquiesce n’étant guère plus capable de répondre que par gestes. La parole nous a fuit, le sanglot étouffé, il est là, il est là, on le voit, le respire, il nous touche, on frémit, un frisson, une suée. De ses yeux il nous vole, nous absorbe tout entier, par sa vue rien n’est plus, tout en nous est serré, de la gorge au gosier, tout s’est tu, tout s’émeut.

On articule enfin un réponse presqu’audible, on le suit jusqu’au train, tout fut si preste, si court, rien n’est plus entre nous, mais mon coeur le désire, il en veut toujours plus, encore, oui, tu m’entends, quand bien même dussé-je mourir pour quelques minutes d’une joie restaurée.

Le moment est venu, les adieux sont lancés, on l’agrippe, l’enserre, et les larmes, les tensions, tout se rompt se déchaine et s’effondre contre lui… Quelques larmes de ma part, rejeté je m’enfuis, cours le fuire dans Paris, quelques heures tout au plus… Quelques heures de répis rien de plus dans ma vie, et me voilà matin à souffrir sur mon lit…