L’éveil n’est pas charmant, cela fait quelques temps. Il n’est pas même heureux, juste un peu angoissant. Le corps nu dans les draps, on cherche malgré soi, on tâtonne sans espoir les souvenirs récents, les recherche à côté et trouve le lit vide, vide de lui, vide de nous, à peine plein à demi…
On rappelle du passé les erreurs, les douleurs, on les laisse s’échapper, les entonne en choeur. Alors dans le malaise, dans l’angoisse nouvelle née, reviennent les souvenirs des raisons du présent. On se hâte, on se presse, ces pensées doivent combler les jours qui transparaissent.
Il est déjà trop tard, l’horloge s’est fissurée, le vieux gong régulier déjà est emballé. Désormais désossés, on recompose nos traits, rapièce le portrait d’un squelette rendu frêle par la peur d’oublier.
Chaque matin, se redire le pourquoi… chaque lever, un pincement enfoui !
