
Le thé fumant réchauffe ma main, lentes vapeurs qui montent au nez. Le temps s’éteint, je vogue au loin. Devant mes yeux l’aube dorée, un soleil ras caresse la terre, comme une main de mère aimante cajole l’enfant qui se réveille.
Mon corps est bien, il est posé, le thé me brûle comme un grand feu, je me sens bien, je me sens là, comme un nuage qui m’environne.
Les yeux troublés par la buée, j’ouvre la porte vers le dehors. En contrebas, jouent les enfants, bercés de jour, de joie de gosse. Ils frappent une balle, courent sans raison, juste pour le rire, cette fol’ ivresse de l’air frais d’un ciel d’hiver.
Deux pleins poumons de l’élixir, entre mes mains fume la tasse, par ma bouche fume la vie, contraste d’automne sur le départ, le chaud, le froid, vapeurs diverses, et là, l’ivresse…