Ma cabane au Canada

Mon univers est gris, séparations de verre, armoires de fer, moquette à terre. Gravité d’un travail qui repousse la couleur dans de rares stylos qu’on s’arrache ! Alors je ferme les yeux, repousse ma tête contre le siège de coton, chaque jour ce rituel, ce réveil des sens.

La tension se défait, je me sens apaisé, reposé, presque bercé.

La cabane de sapin, les odeurs de l’hiver, un grand feu brûle dans l’âtre, il en lèche mon flanc. Dehors sévit le vent, on l’entend qui mugit, il se rue à la porte, tambourine les flocons qui s’entassent au sol. Ici règnent les heures d’une image de l’enfance, ce giron d’autrefois à la chaleur diffuse, un lieu calme et heureux. Forteresse des souvenirs que j’appelle quand il pleut, que l’orage menace, que l’horreur zèbre au loin.

Nulle peur en ce lieu où je pose les armes…