Writing with quills

Belle lame d’acier, effilée, profilée qui tua tant et tant sans jamais transpercer, elle m’est interdite moi qui l’aime et l’admire.

Cela fait des années,  je l’ai laissé tomber. Cela est du passé, je n’en ai plus parlé. Doigts trop gourd, trop grossiers, plume fragile, indocile. C’était dans les enfers, la nuit noire de ma vie, elle et moi, nous deux, liés, à brûler les cahiers, et poser sans répit, les pensées, les notions, tant de choses sans valeur !

Depuis, je l’ai quitté, mon poignet boursouflé, j’ai repris le clavier… trop d’années sans sa vue, trop de temps a passé !

Nous voilà au présent, j’en redécouvre la trace, et mes mains trop débiles en abîment la grâce. Les mots sont couchés là dans un écrin d’enfant, ils sentent le savon, sans parfum d’exception. Et je pleure tant de fleurs à me voir incapable de dompter l’indocile, la beauté d’une graphie !