Archives pour le ‘Poésie’ Catégorie

Fuite

Je veux fuire ce bruit, m’éloigner de la vie, prends ma main, fuyons loin !
Partageons sur l’aurore mille beautés, métaphores, évasions et frissons de caresses sans laisse !
Prends moi fort, fais moi toi, rompons l’heure et d’ivresse arrache à ma peau la mollesse d’une torpeur, vile souffrance, vieille douleur, invisible ennemie qui éteint, qui détruit.
Redonne moi ce goût, [...]

Lettre morte

Mais pourquoi s’infliger ce cruel pêché,
Celui de voir son coeur, sa vie, toute ses heures,
Torturer sa conscience, exiger pénitence,
Mais pourquoi donc souffrir si ce n’est pour mieux rire ?
Dans la peine entrouverte, par le cri, par la perte,
Ne revoir que son nom et n’avoir plus son front,
Pour poser un baiser, pour se taire, blessé,
Et pleurer, [...]

Léger

Une folie m’a surpris, me laissa un peu coi dans l’absence, sans conscience !
Une folie née de rien, elle m’a pris un matin, jolie fleur de l’envie !
Une année qui s’éteint, des maux qui se délient, une folie m’a repris !

Par le chas !

Ouvert vers l’inconnu, le portique me tentait,
L’amour était mon guide, il tenait la poignée.
Aujourd’hui révolu, aujourd’hui disparu,
Il referma les portes en retournant son ombre.
Et dans les nuits sans nombre, j’ai souffert de sa vie.
Mais l’ami reparu et dans ses bras ouverts,
La lueur disparue, que les portes cachaient,
Entre deux êtres chers, en ce jour renait.

Sillon

Gifle du vent,
Grain de poussière,
Grince sous la dent,
Crisse dans l’enfer !
Souffle vivant,
Morsure du temps,
Violence amère,
Griffant ma chair.

Éclosion

Frôler, juste effleurer, apposer un instant sur nos souhaits les images.
N’épouser qu’un seul souffle ce qui brûle et frémit.
Le sentir affleurer, tout prêt à dévorer…
Le voilà qui rugit et bondit de sa cave.
Le sauvage de nos nuits…

Aux quatre vents

Lutin fluet aux pieds de fée
qui court, vole, marche sur les nez
et foule au pied poussières et sable.
Petit sournois, te revoilà !
Vil vagabond sans foi ni loi
qui prend des monts à la peau nue,
pluie de caresse toutes aériennes…

Brûlure

Où t’es tu envolé, mon amant, ma torture,
toi cet amour violent d’un jeune cœur la brûlure ?
Où t’es tu promené pour que loin de ma vue,
la mémoire ne se fane et ne me laisse nu ?
Quel est donc ce parfum, cette fragrance qui me lance
et rappelle à mes yeux la beauté d’une démence ?

Firmament

M’invites-tu l’ami, toi qui fuis dans les cieux,
M’invites-tu l’amant, toi qui a fuit mes yeux,
A poser là mes songes,
A admirer les anges ?
Et voir dans l’océan,
Ce fond uni, béant,
Les millions de cristaux,
Les mille fleurs de l’eau,
D’Ouranos les filles
heureuses, qui scintillent !
Alors mon ami, prends cette main tendue,
Pose la contre toi, et dans cette étendue
Admirons, explorons [...]

Nox amoris

Tout contre toi, face à l’émoi,
Ne respire pas, effleure-moi !
Et de ta langue, et de ta bouche,
Dévore, agrippe, affole… farouche !
Accole-toi, joins-toi à moi,
Seul contre toi, face à l’émoi,
Et d’un baiser, frêle, solitaire,
Délivre les mers, durcis ces terres !
Et dans l’étreinte emplie d’écume,
N’être plus qu’un, toi, moi sans loi…